nfnw3tm8
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Posted: Tue 9:03, 17 Sep 2013 Post subject: www.vivid-host.com/barbour.htm « Gardons notre aut |
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Jo?o Pedro Stedile. Malheureusement, la réforme subit un préjudice né d'une discussion interne au sein du gouvernement. Lula a gagné les élections dans un contexte de recul du mouvement de masse sans que la campagne électorale ait donné lieu à un grand débat sur les réformes. Lula a gagné parce qu'il a passé des accords avec différents secteurs du pouvoir dominant. Il s'est ensuivi un gouvernement de composition nationale, de centre, mais les secteurs de l'économie et de l'agriculture sont restés entre les mêmes mains. La première année a donc été une lutte interne au [url=http://www.vivid-host.com/barbour.htm]www.vivid-host.com/barbour.htm[/url] sein de l'équipe gouvernementale. D'un c?té, les néolibéraux ne voulaient pas entendre parler de réforme agraire, préférant s'en remettre à un plan ne concernant que 80 000 familles. De l'autre, le ministre de la Réforme agraire, de gauche, avait préparé un programme sur quatre ans impliquant un million de familles. Lula restait campé au milieu. En novembre 2003, nous avons organisé une grande marche de 300 km sur Brasilia comprenant 100 000 paysans, pour que Lula se décide. Finalement, il y a eu [url=http://www.americatownmovie.com]air jordan pas cher[/url] un accord entre le MST et le gouvernement. Ce plan prévoit l'installation de 400 000 familles sur trois ans. Malgré les limites de ce plan, nous avons fait la fête parce que nous obtenions là autant que ce que nous avions pu obtenir en vingt ans. Cependant, la lutte se poursuit pour que le gouvernement honore ses engagements. Le ministre de l'?conomie ne pense qu'à l'exportation. Et nous avons été violemment attaqués. Alors, l'application de la réforme se fait attendre. Entre novembre et mars 2003, il ne s'est pratiquement rien passé. Ce qui fait que nous avons, en avril dernier, lancé une grande journée de lutte nationale que nous avons appelé ? Avril rouge ?, où nous avons occupé une centaine d'haciendas.
N'est-ce pas au fond dans l'agriculture que les tensions entre la réalité sociale et l'action gouvernementale sont les plus vives ?
?tes-vous favorables aux politiques d'aides agricoles afin de développer le marché intérieur ?
Jo?o Pedro Stedile. C'est un échec honteux. ? l'origine, la proposition du PT, la lutte contre la faim, présentait comme solution : un changement structurel comme la réforme agraire, la redistribution des richesses, une augmentation du salaire minimum, une amélioration des services de sécurité sociale et des mesures d'urgence sous forme de distribution de nourriture. Que s'est-il passé avec le programme gouvernemental ? ?a n'a même pas été sa priorité. Il était très important que tous les ministères assument ? Faim 0 ?, mais on a préféré créer un ministère propre sur lequel les autres se sont défaussés. Il n'y a eu aucune mesure d'ordre structurelle. On s'est contenté de distribuer quelques paniers de nourriture. Les gens se sont vite rendu compte que rien ne changeait. Même les pauvres savent qu'ils ne peuvent passer leur vie à recevoir de la nourriture du gouvernement. C'est d'ailleurs humiliant. Les pauvres, au contraire, veulent du travail, de la terre aussi. Plus que la distribution de nourriture, le plus important à ce moment précis était d'augmenter le salaire minimum. Le gouvernement n'a pas eu le courage de la faire. Nous avons actuellement, avec l'équivalent de 80 dollars, le salaire minimum le plus bas d'Amérique latine. Une honte ! Au Paraguay, il est de 300 dollars. Le PIB par habitant au Brésil est de 3 000 dollars, il n'y a donc pas de justification économique pour ne pas augmenter le salaire minimum.
D'où également la revendication du MST de la souveraineté alimentaire...
Jo?o Pedro Stedile. Non, je ne crois pas. Le principal problème dans la société brésilienne, c'est que la continuité de la politique néolibérale aggrave les problèmes sociaux. En premier lieu, il y a le niveau de ch?mage, le manque d'investissements dans les secteurs populaires, la dégradation extrême des services publics de santé, d'éducation et la concentration des revenus qui a entra?né une hausse du niveau de pauvreté au Brésil. Le ch?mage a atteint aujourd'hui les 20 %, mais il y a des régions métropolitaines où ce taux est de 60 %, avec des pics inquiétants chez les jeunes. Tout cela génère une grave crise sociale, où l'on voit les pauvres recourir à la violence individuelle pour survivre. Il n'y a pas de proposition pour eux, ils sont désorganisés et ne sont pas en capacité de faire pression. Dans les campagnes, il y a beaucoup de pauvreté et de difficultés, mais nous avons des mouvements sociaux structurés qui donnent un contenu politique à la lutte. Dans une certaine mesure, c'est plus facile pour le gouvernement de débattre et de rechercher une solution avec eux.
Jo?o Pedro Stedile. Bien s?r ! Sous l'ancien gouvernement de Fernando Enrique Cardoso, les forces qui étaient contre la réforme agraire regroupaient les latifundios, l'?tat, les multinationales, les médias et le gouvernement. On trouvait en faveur de la réforme agraire l'?glise, les mouvements de travailleurs et une partie de la société civile. Actuellement, le gouvernement est en faveur de la réforme agraire. ? partir de là, le rapport des forces change. Malgré tout, l'?tat, les multinationales, les latifundios, les moyens de communication y sont toujours opposés. Alors, notre lutte se poursuit pour mobiliser les paysans, et faire face à ceux qui sont contre, en premier lieu les latifundios et les multinationales. Celles-ci représentent un autre projet d'agriculture orienté vers l'exportation de graines et non pas la production d'aliments pour les consommateurs. Notre priorité est la lutte contre les grands latifundios. C'est pour cette raison que nous continuons les occupations de terre. C'est une lutte contre l'actuel modèle agricole.
La pression des sans-terre n'a jamais vraiment cessé et va donc continuer à s'exercer. Mais dans quelle direction précise ?
Jo?o Pedro Stedile. Je dirai que le MST et l'Humanité, tous deux, nous voulons une société plus juste et plus démocratique. Pour nous, la lutte contre la pauvreté et les inégalités, pour la distribution des terres et l'éducation sont un moyen d'atteindre la démocratie. Tout au long de son histoire, votre journal a combattu pour une société sans pauvres et sans inégalités. Ne serait-ce que pour ces raisons nous sommes compagnons, camarades de luttes. Nous espérons toutefois que les sans-terre n'attendront pas cent ans, mais, en tout cas, ce que je souhaite à l'Huma, c'est de vivre cent ans de plus !
Depuis deux ans, l'application de la réforme agraire a-t-elle changé et a-t-elle donné lieu à des résultats tangibles ?
Quelques semaines après son élection, Lula a lancé un programme de [url=http://www.sandvikfw.net/shopuk.php]hollister sale[/url] lutte contre la faim [url=http://www.rtnagel.com/louboutin.php]louboutin pas cher[/url] censé garantir un repas par jour à des millions de Brésiliens. Que pensez-vous de ce plan ? Faim 0 ? ?
Ces politiques internationales sont largement tributaires du contr?le exercé par les multinationales sur l'agriculture...
Le Mouvement des sans-terre fête ses vingt ans cette année. Quelle signification particulière donnez-vous à cet anniversaire ?
des organisations paysannes nationales
ou régionales. La Confédération paysanne fran?aise en est membre.
Jo?o Pedro Stedile. Le MST et Via Campesina Internationale (1) estimons que nous devons avoir l'autonomie en matière d'aides pour les productions agricoles. Chaque gouvernement a le droit de fixer une politique agricole qui garantisse l'alimentation pour son peuple, même sous forme d'aides. Tout gouvernement a l'obligation de mener des politiques de ? subsides ? afin de maintenir la population dans les campagnes. Où est le problème ? En revanche, quand les gouvernements font appel aux aides agricoles pour soutenir les exportations, et non pour l'alimentation, c'est beaucoup plus contestable, car cela affecte les agriculteurs d'autres pays et entra?ne une compétition injuste entre pays. C'est par exemple le cas du soja brésilien, dont l'exportation est aidée par le gouvernement, celui-ci ayant institué un imp?t de près de 15 %.
Jo?o Pedro Stedile. Oui, absolument. Le problème le plus important, c'est que le néolibéralisme, représenté à travers le capital financier, a fini par unir dans une même entreprise transnationale divers secteurs de production qui ont une relation avec l'agriculture. Jusque-là, les multinationales se [url=http://www.vivid-host.com/barbour.htm]barbour uk outlet[/url] contentaient de contr?ler la terre ou le commerce. Désormais, toute la ligne technologique est fondée sur le pouvoir de celui qui contr?le les semences. D'où l'offensive pour imposer les semences transgéniques. La Monsanto, par exemple, contr?le le commerce agricole, elle a des usines d'alimentation et d'agro-toxique, des laboratoires pharmaceutiques et de semences transgéniques, les OGM. Ces entreprises ont un pouvoir de monopole et, en outre, font d'énormes bénéfices, car ils exploitent les agriculteurs à tous les stades. Pourquoi les transnationales imposent les OGM ? Parce que l'OMC leur a donné le droit de propriété intellectuelle, notamment sur les semences, ce qui leur permet de [url=http://www.getconversational.com]hollister france[/url] réaliser d'importants bénéfices sous forme de taxes dans les secteurs de l'agriculture et du commerce. [url=http://www.1855sacramento.com/woolrich.php]woolrich parka[/url] C'est pourquoi nous sommes contre les produits transgéniques. Si l'on ajoute les risques sanitaires et ceux liés à l'environnement, cela représente un pouvoir de monopole des transnationales qui mettent en péril la souveraineté alimentaire dans tous les pays. C'est un danger.
Jo?o Pedro Stedile. C'est vrai. Le problème de fond du Brésil, c'est que, dans les années quatre-vingt, il y a eu la crise du modèle économique qu'on appelait dans notre pays ? l'industrialisation dépendante ?. Un nouveau modèle s'est imposé dans les années quatre-vingt-dix avec le néolibéralisme, [url=http://www.achbanker.com/home.php]hollister[/url] c'est-à-dire la liberté totale pour le capital financier international. Non seulement [url=http://www.sandvikfw.net/shopuk.php]hollister outlet sale[/url] la crise n'a pas été résolue, mais elle s'est approfondie. Parallèlement, un processus de mouvement de masse émerge à partir de 1989. C'est dans ces conditions que Lula a été élu, sans offrir de véritable sortie à cette crise. On peut dire qu'au Brésil il y a une crise de projet. Nous en sommes là aujourd'hui. Le premier pas que nous devons faire, c'est de lancer un grand débat dans la société, au sein des forces populaires, pour construire un vrai projet alternatif. Je ne parle pas de socialisme, mais de respect de la souveraineté nationale et de questions fondamentales pour la population : l'emploi, la terre, l'éducation, le logement et la démocratisation des médias. Deuxième issue : les luttes sociales, en ce moment, sont indispensables pour changer le rapport des forces, et ce afin de ramener le gouvernement à gauche, assurer un changement de politique économique et la mise en oeuvre d'un projet de développement. Troisième issue : le gouvernement doit sortir de son inertie. Pas besoin de s'illusionner avec des alliances parlementaires. La force du gouvernement doit reposer, selon nous, sur la participation populaire. Au gouvernement de la stimuler.
Entretien réalisé par Bernard Duraud
Jo?o Pedro Stedile. Non ! Nous avons aidé à élire Lula. Nous appuyons le gouvernement. Sa victoire est l'expression d'un rapport de forces diverses qui ont participé à la lutte pour la réforme agraire. Mais nous sommes totalement autonomes et nous voulons continuer à l'être. Notre r?le est de ? conscientiser ? les pauvres de la [url=http://www.rtnagel.com/louboutin.php]louboutin[/url] campagne, les organiser et les mobiliser pour qu'ils conquièrent leurs droits. Le r?le du gouvernement est d'appliquer la réforme agraire et de procéder aux désappropriations des latifundios afin de les donner aux paysans. ? chaque fois que le gouvernement ne respectera pas ses obligations, nous répondrons présent. Parce que toutes les conquêtes sociales dans l'histoire de l'humanité sont le résultat de la mobilisation et de l'organisation populaire. C'est cela qui explique notre relation avec le gouvernement Lula.
(1) Via Campesina est un mouvement international qui coordonne depuis 1993
Fondateur <P>et président du Mouvement des sans-terre (MST), Jo?o Pedro Stedile dirige aujourd'hui l'un des plus importants mouvements sociaux du Brésil </P> <P>et d'Amérique du Sud. Depuis 1984, année de naissance du MST, </P> <P>l'action offensive </P> <P>des sans-terre pour </P> <P>la réforme agraire, malgré une répression de tous les instants, a servi de références à bien des mouvements, notamment urbains, </P> <P>et a grandement contribué </P> <P>à la victoire de Lula </P> <P>à la présidentielle de 2002. Mais, </P> <P>pour le MST, </P> la lutte continue...
Aujourd'hui, avec le président Lula, est-ce que les sans-terre, qui ont grandement contribué à son élection, font partie du pouvoir ?
L'?tat doit agir en faveur des pauvres et cesser de maintenir les privilèges des plus riches.
L'Humanité, que vous connaissez bien, fête cette année son centenaire. Quel message aimeriez-vous adresser à nos lecteurs ?
Jo?o Pedro Stedile. Cette [url=http://www.thehygienerevolution.com/barbour.php]barbour paris[/url] idée de souveraineté alimentaire est liée à la nécessité d'un autre modèle de développement agricole. Il y a schématiquement quatre niveaux socio-économiques au Brésil. Au premier niveau, on trouve les latifundios improductifs, objets de spéculation et servant de réserves de valeurs. Ce sont ces terres que nous occupons. Deuxième niveau : environ 300 000 haciendas qui appartiennent à l'agriculture de type capitaliste tournées vers l'exportation. Troisième niveau représentant environ 5 millions de petits paysans propriétaires qui travaillent pour produire des aliments et, enfin, au dernier niveau, nous sommes [url=http://www.davidhabchy.com]barbour outlet[/url] cinq autres millions, une caste d'? intouchables ? tellement pauvres qu'on ne peut pas nous toucher, comme si nous étions des lépreux. La réforme agraire, c'est la redistribution de 1 % de la terre aux plus pauvres. La souveraineté alimentaire signifie donc qu'il faut changer le modèle agricole pour que 50 millions de personnes qui ont faim chaque jour au Brésil puissent obtenir les aliments et aient accès au marché interne. Ce n'est seulement qu'après avoir produit tous les aliments nécessaires que nous devrions exporter les excédents. Il faut savoir qu'actuellement les meilleures terres produisent sucre, café, soja, oranges et coton, mais toutes ces productions sont destinées à l'exportation.
Peut-on parler d'inertie ? Comment voyez-vous alors le projet de développement économique et agraire de ce gouvernement ?
Jo?o Pedro Stedile. MST est un mouvement social qui est en processus d'évolution permanente. Tout au long de ces années, il s'est affirmé comme un mouvement de type nouveau qui réunit en même temps les caractéristiques d'un mouvement populaire, dans le sens où tous ses membres participent, syndical, parce qu'il est impliqué dans une lutte économique et sociale, et politique, si l'on prend en compte son engagement à changer la société. Depuis 1984, nous avons évolué dans différentes formes de luttes et de conquêtes, et par-dessus tout dans la vision que nous avions de la lutte pour la réforme agraire. En dehors de tout ?a, le simple fait d'exister aussi longtemps est en soi une grande victoire. Sachez que, durant toute l'histoire du Brésil, jamais la bourgeoisie n'avait permis qu'un mouvement paysan ait autant d'années d'existence. Si vous me demandez quel est le plus grand succès de ces vingt ans, j'estime qu'au-delà de la terre récupérée sur les latifundios, des coopératives et des écoles que nous avons construites, le plus important pour nous est la dignité retrouvée des paysans. Un paysan, quand il entre au MST, il commence à marcher tout seul, et à penser sa structure selon sa propre pensée. Les vraies valeurs du MST sont de sortir les pauvres de leur condition et d'éveiller leur conscience, leur esprit critique, afin qu'ils comprennent les causes de leurs problèmes et la nature de la société dans laquelle ils vivent.
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